{"id":2333,"date":"2021-03-01T17:50:53","date_gmt":"2021-03-01T16:50:53","guid":{"rendered":"http:\/\/www.parchemins.bzh\/?p=2333"},"modified":"2021-03-03T10:42:52","modified_gmt":"2021-03-03T09:42:52","slug":"mohair-du-golfe-emmener-la-laine-jusquau-bout","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.parchemins.bzh\/index.php\/mohair-du-golfe-emmener-la-laine-jusquau-bout\/","title":{"rendered":"Mohair du Golfe : emmener la laine jusqu\u2019au bout"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>Presqu&rsquo;\u00eele de Rhuys &#8211; Novembre 2017<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Rosa Cobos Aguirre et Patrick Noury m\u2019accueillent un matin sur leur ferme, entre deux averses. Ils portent des pulls de leur production, vert pour elle et rouge pour lui. Dans la v\u00e9randa voisinent un citronnier et des images au mur, photos de danse et repr\u00e9sentations d\u2019art am\u00e9rindien. Patrick a une arri\u00e8re-grand-m\u00e8re Mic Mac, il a longtemps v\u00e9cu pr\u00e8s d\u2019Albi. Rosa elle, vient du pays basque. Ils ont refait leur vie ensemble, elle a 58 ans et encore dix \u00e0 travailler. Lui, d\u00e9j\u00e0 retrait\u00e9, travaille quand m\u00eame encore. Nous discutons autour de la table. Sur le dos de ma chaise une peau de mouton avec sa toison. Sur la t\u00eate de Patrick quand il sort pour fumer, un b\u00e9ret de berger en laine noire\u2026mohair \u00e9videmment.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des troupeaux et des hu\u00eetres<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le couple s\u2019est install\u00e9 en 2000 sur la presqu\u2019\u00eele, non loin du bourg de Sarzeau. Au d\u00e9part, Patrice, \u00e9leveur de ch\u00e8vres laiti\u00e8res puis de brebis, mais aussi tondeur, passe souvent sur la presqu\u2019\u00eele. Il s\u2019y fait des amis chez les \u00e9leveurs et les ostr\u00e9iculteurs&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>je venais finir ma fin de saison ici avec mes enfants et on tondait sur les \u00eeles, les brebis des ostr\u00e9iculteurs et voil\u00e0, c&rsquo;\u00e9tait huitres, muscadet, et la visite des \u00eeles.&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Quand ils se rencontrent avec Rosa, vient l\u2019envie de changer de m\u00e9tier. Pourquoi pas la p\u00eache ou a production de coquillages&nbsp;? Mais ils d\u00e9chantent vite&nbsp;: \u00ab&nbsp;O<em>n s&rsquo;est rendu compte que ce n\u2019\u00e9tait pas possible, que c&rsquo;\u00e9tait tr\u00e8s familial avec un investissement \u00e9norme, et donc on a cherch\u00e9 de la terre pour refaire ce qu&rsquo;on savait faire.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Une histoire d\u2019amiti\u00e9 les lie plus particuli\u00e8rement \u00e0 la famille Rio, dont l\u2019un des fr\u00e8res, lui aussi tondeur, d\u00e9c\u00e8de pr\u00e9cocement. C\u2019est un autre membre de la fratrie, \u00e9leveur ovin, qui les accueille plus particuli\u00e8rement \u00e0 leur arriv\u00e9e. Pour autant, il leur faudra deux ans pour trouver des terres. Selon eux, la pression immobili\u00e8re n\u2019y est pas pour rien, qui fait passer en constructible les terres aux alentours des bourgs et des hameaux. Mais s\u2019y ajoute l\u2019abandon de l\u2019activit\u00e9 agricole par ceux qui poss\u00e8dent encore la terre, au profit d\u2019activit\u00e9s de service, avec la conversion de b\u00e2timents agricoles en sites de gardiennage de caravanes, ou encore en g\u00eetes. Finalement, c\u2019est par un jeu de vases communicants assez singulier, qu\u2019ils peuvent acheter quelques hectares. Patrice raconte&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;On \u00e9tait en contact avec quelqu&rsquo;un qui voulait installer son fils \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, en tomates industrielles, mais comme les tomates il fallait aller les livrer \u00e0 Nantes, pour lui c&rsquo;\u00e9tait pas du tout int\u00e9ressant, donc il est all\u00e9 s&rsquo;installer \u00e0, dans le nord Bretagne, \u00e0 Roscoff, par l\u00e0. Et donc son p\u00e8re nous a vendu la terre au prix de la terre de l\u00e0-bas. (\u2026) Pour lui c\u2019\u00e9tait, s\u2019il se s\u00e9parait de cette terre familiale, c&rsquo;\u00e9tait pour que son fils trouve l&rsquo;\u00e9quivalent.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Ils acqui\u00e8rent donc au prix de la terre l\u00e9gumi\u00e8re du littoral du nord, un morceau de cette terre m\u00e9ridionale \u00ab&nbsp;<em>qui s\u2019inonde tr\u00e8s vite et qui s\u00e8che tr\u00e8s vite<\/em>&nbsp;\u00bb, comme partout sur la presqu\u2019\u00eele. Mais c\u2019\u00e9tait la seule option disponible. Deuxi\u00e8me casse-t\u00eate&nbsp;: pour pouvoir obtenir le permis de construire un b\u00e2timent agricole \u2013 le domaine en est d\u00e9pourvu, il leur faut d\u2019abord un troupeau. Ils gardent donc leurs 20 premi\u00e8res b\u00eates un an en libre p\u00e2turage complet, avant de pouvoir les mettre \u00e0 l\u2019abri. Ils augmentent alors le cheptel \u00e0 70 m\u00e8res en production.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"768\" height=\"1024\" src=\"http:\/\/www.parchemins.bzh\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/mohair-du-golfe-3_web-768x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2337\" srcset=\"http:\/\/www.parchemins.bzh\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/mohair-du-golfe-3_web-768x1024.jpg 768w, http:\/\/www.parchemins.bzh\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/mohair-du-golfe-3_web-225x300.jpg 225w, http:\/\/www.parchemins.bzh\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/mohair-du-golfe-3_web.jpg 1063w\" sizes=\"(max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><strong>Faire avec la nature<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>A Sarzeau, Patrice et Rosa \u00e9l\u00e8vent les ch\u00e8vres pour la laine mohair et la vente de reproducteurs. S\u2019il a fallu d\u00e9fricher un peu les p\u00e2tures qui n\u2019\u00e9taient plus utilis\u00e9es depuis vingt ans, ils ont choisi de garder toutes les haies, h\u00e9rit\u00e9es d\u2019avant le remembrement. Rosa&nbsp;explique : \u00ab&nbsp;[les haies] <em>nous on les a gard\u00e9es (\u2026) pour toucher le minimum possible la nature, juste les choses dont on avait besoin, mettre des cl\u00f4tures, pour les ch\u00e8vres, et sinon laisser au maximum la nature dans son \u00e9tat.&nbsp;<\/em>\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis les ch\u00e8vres ont fait le reste, comme le raconte Patrice, devenu fin connaisseur du sol et du climat local : \u00ab&nbsp;<em>L&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour nous c&rsquo;est que les ch\u00e8vres elles mangent du ligneux, elles mangent du lierre, elles mangent des ronces, elles mangent des chardons, elles ont besoin de beaucoup de cellulose par rapport \u00e0 des brebis, des vaches ou des chevaux, donc c&rsquo;est, tout l&rsquo;\u00e9t\u00e9 ici c&rsquo;est sec du mois d&rsquo;ao\u00fbt au mois de septembre octobre, les premi\u00e8res pluies sont tr\u00e8s tard \u00e0 l&rsquo;automne, \u00e0 part cette ann\u00e9e, donc elles mangeaient dans les bois et les friches en bas, les friches humides o\u00f9 aucune bestiole peut aller l&rsquo;hiver parce que c&rsquo;est des sagnes, quoi, des mouill\u00e8res<\/em> \u00bb. Ainsi les b\u00eates, au fil du temps, ont am\u00e9lior\u00e9 la terre. Leur fumier sert aussi \u00e0 amender un grand potager, o\u00f9 les rangs de l\u00e9gumes alternent avec de petits arbres fruitiers, prunes, pommes et poires. Au fond du carr\u00e9, un plan de courge court sur une botte de paille. Selon Patrice, le fumier des ch\u00e8vres, qui mangent des ligneux et une grosse vari\u00e9t\u00e9 d\u2019herbes, est particuli\u00e8rement riche en mati\u00e8re organique et en phosphore.<\/p>\n\n\n\n<p>Prenant le relai des ostr\u00e9iculteurs qui avaient abandonn\u00e9 le p\u00e2turage insulaire, Patrice a \u00e9t\u00e9 pendant cinq ans gardien de l\u2019\u00eele d\u2019Ilur sur la commune d\u2019Arz, avant que le conservatoire du littoral en reprenne la gestion. N\u00e9gociant avec les chasseurs, et parmi eux le pr\u00e9fet, pour qu\u2019ils n\u2019am\u00e8nent pas leur chien \u00e0 sanglier \u00e0 la poursuite des faisans, et de son petit troupeau de boucs\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le v\u00eatement, \u00ab&nbsp;<em>petit fr\u00e8re<\/em>&nbsp;\u00bb de l\u2019alimentaire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Si l\u2019\u00e9levage ovin est bien repr\u00e9sent\u00e9 dans ce secteur du littoral, c\u2019est beaucoup moins le cas de l\u2019\u00e9levage de ch\u00e8vres, et encore moins des ch\u00e8vres angora, race qui permet la production de la laine mohair. Patrice fait partie des fondateurs de la fili\u00e8re en France. Apr\u00e8s l\u2019importation d\u2019un petit troupeau depuis les Etats-Unis, vient la cr\u00e9ation d\u2019une SICA* en 85-86, coop\u00e9rative d\u2019\u00e9leveurs, pour transformer en commun la toison brute avant de l\u2019envoyer aux filatures, qui existent alors encore dans le Sud. En technicien aguerri, il se consacre aussi \u00e0 la reproduction, jusqu\u2019\u00e0 devenir un s\u00e9lectionneur reconnu au niveau national.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.parchemins.bzh\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/mohair-du-golfe-1_web.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2338\" width=\"578\" height=\"434\" srcset=\"http:\/\/www.parchemins.bzh\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/mohair-du-golfe-1_web.jpg 425w, http:\/\/www.parchemins.bzh\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/mohair-du-golfe-1_web-300x225.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 578px) 100vw, 578px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>La s\u00e9lection est cruciale car comme l\u2019explique Rosa, \u00ab&nbsp;<em>pour la ch\u00e8vre angora, l&rsquo;important c&rsquo;est la qualit\u00e9 de la laine<\/em>&nbsp;\u00bb. Puisqu\u2019on ne produit pas de viande avec elle, ni de lait. L&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 permet de r\u00e9cup\u00e9rer une bonne quantit\u00e9 de mohair, et \u00e9vite de trier, ce qui permet de ne perdre qu\u2019un tiers du poids au cardage, contre 60% pour la laine de mouton. Ensuite \u00ab&nbsp;<em>pour faire du produit, on besoin de moins de quantit\u00e9 de laine mohair, parce que le mohair est une mati\u00e8re tr\u00e8s l\u00e9g\u00e8re, qui garde la chaleur<\/em>&nbsp;[du fait de la finesse et de la disposition des fibres, qui emprisonnent de l\u2019air] \u00bb. Enfin, l\u2019angora r\u00e9fl\u00e9chit la lumi\u00e8re, contrairement \u00e0 la laine de mouton qui l\u2019absorbe, ce qui permet de faire des couleurs plus vives. Avant l\u2019invention des synth\u00e9tiques, elle \u00e9tait utilis\u00e9e pour ajouter de la brillance aux tissus. On comprend d\u00e8s lors que la laine mohair brute se n\u00e9gocie autour de 50 euros le kg, contre moins d\u2019un euro pour sa cousine ovine\u2026 Apr\u00e8s cette le\u00e7on, Rosa et son mari se moquent de moi, largement v\u00eatue ce jour-l\u00e0 de r\u00e9sidus de p\u00e9trole.<\/p>\n\n\n\n<p>A Sarzeau, c\u2019est Rosa qui s\u2019occupe de la vente des cr\u00e9ations textile en mohair, qu\u2019elle dessine et confectionne aussi en partie. Ayant rep\u00e9r\u00e9 \u00e0 leur arriv\u00e9e le potentiel de client\u00e8le \u00ab&nbsp;<em>qui habitait ici de mai \u00e0 novembre, quasiment<\/em>&nbsp;\u00bb, elle vend d\u2019abord sur les march\u00e9s de la presqu\u2019\u00eele, dans les foires bio de la r\u00e9gion, puis, tr\u00e8s progressivement, \u00e0 la boutique de la ferme.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>On a un produit de luxe dans le sens o\u00f9 aujourd&rsquo;hui dans le textile, avoir un produit comme \u00e7a c&rsquo;est rare et tr\u00e8s pr\u00e9cieux pour les gens qui aiment bien les fibres naturelles<\/em>&nbsp;\u00bb. Le v\u00eatement forme selon elle, avec l\u2019aliment et le logement, l\u2019un des trois besoins fondamentaux de l\u2019esp\u00e8ce humaine. Et la laine a longtemps fait partie int\u00e9grante de la production agricole au m\u00eame titre que le lin, le cuir\u2026 Et pourtant, la nature vestimentaire, et non alimentaire, de la production mohair, cr\u00e9e des difficult\u00e9s pour b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une reconnaissance en tant qu\u2019agriculteurs. Du c\u00f4t\u00e9 de la chambre d\u2019agriculture, comme vis-\u00e0-vis d\u2019Ecocert qui ne dispose pas de certification bio pour la laine, enfin, du c\u00f4t\u00e9 de la vente sur les march\u00e9s. Ainsi, les cr\u00e9ations textiles des \u00e9leveurs se retrouvent exclues du march\u00e9 Bio de Sarzeau, devenu par la suite alimentaire pour ne pas exclure les maraichers non certifi\u00e9s\u2026Aujourd\u2019hui, elle regrette que le v\u00eatement soit devenu un \u00ab&nbsp;<em>fr\u00e8re oubli\u00e9 de l\u2019existence humaine<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le couple se consid\u00e8re bien avant tout comme \u00e9leveurs&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;<em>on est des agriculteurs, des paysans, qui avons un produit qu&rsquo;on emm\u00e8ne jusqu&rsquo;au bout&nbsp;<\/em>\u00bb. Pour autant Rosa se fait plus facilement comprendre des artisans textiles. L\u2019association Textile et m\u00e9tiers d&rsquo;art de Bretagne regroupe ainsi une trentaine de cr\u00e9ateurs qui travaillent des mati\u00e8res naturelles&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>moi je suis, en plus de cr\u00e9atrice, productrice de laine&nbsp;<\/em>\u00bb. R\u00e9ciproquement, le fait de produire sa propre mati\u00e8re premi\u00e8re place tout de m\u00eame la cr\u00e9atrice dans une situation \u00e9conomique diff\u00e9rente vis-\u00e0-vis d\u2019un simple artisan&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>L&rsquo;int\u00e9r\u00eat d&rsquo;aller jusqu&rsquo;au bout c&rsquo;est qu&rsquo;\u00e0 chaque fois tu augmentes ta marge, c&rsquo;est plus de travail, un travail diff\u00e9rent, t&rsquo;as l&rsquo;\u00e9levage, la r\u00e9colte, la tonte aussi, c&rsquo;est encore un autre m\u00e9tier, et tu as tout le suivi de transformation, il faut que tu avances de l&rsquo;argent, c&rsquo;est pas comme un fromager qui fait ses fromages et puis hop il les vend, y a pas de, un fromager, d&rsquo;interm\u00e9diaires, mais nous il faut qu&rsquo;on aille jusqu&rsquo;au bout, et il y a une immobilisation de produit, une transformation , \u00e7a met \u00e0 peu pr\u00e8s six mois entre la livraison de la laine et la r\u00e9cup\u00e9ration du fil<\/em>&nbsp;\u00bb. En ajoutant le temps de la pousse de la toison, ce mode de fonctionnement demande de disposer d\u2019un an de tr\u00e9sorerie.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Transmettre&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Si la retraite approche \u00e0 petits pas, l\u2019exploitation de Patrice et Rosa est difficile \u00e0 transmettre. En effet, ils n\u2019ont plus le statut d\u2019\u00e9leveur depuis qu\u2019ils ont r\u00e9duit la taille de leur troupeau et de leurs p\u00e2turages. Comme la surface minimale pour le statut d\u2019\u00e9leveur est pass\u00e9e \u00e0 12 hectares, ils continuent leur activit\u00e9 comme autoentrepreneurs. De m\u00eame pour la certification bio, il n\u2019existe pas de forfait \u00e0 prix raisonnable pour une exploitation de cette taille. Par ailleurs, l\u2019habitat et le b\u00e2timent agricole sont d\u2019un seul tenant. Or Rosa et Patrice souhaitent rester vivre sur l\u2019\u00eele. Mais ils sont pr\u00eats \u00e0 transmettre leur long savoir-faire \u00e0 qui voudrait se lancer dans l\u2019\u00e9levage caprin.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, vendre leur fonds de commerce n\u2019aurait aucun sens. Notamment parce que la client\u00e8le ne fr\u00e9quente plus autant la boutique depuis l\u2019installation par la mairie, appuy\u00e9e par la pr\u00e9fecture, d\u2019une aire d\u2019accueil des gens du voyage, \u00e0 proximit\u00e9 imm\u00e9diate du si\u00e8ge de l\u2019exploitation. Cela a occasionn\u00e9 un \u00e2pre conflit. Si bien s\u00fbr les \u00e9leveurs sont favorables \u00e0 l\u2019op\u00e9ration d\u2019accueil en elle-m\u00eame, ils constatent malheureusement que leur client\u00e8le, plut\u00f4t ais\u00e9e car le mohair reste un produit haut de gamme, voit \u00e0 pr\u00e9sent le lieu comme \u00ab&nbsp;<em>un quartier o\u00f9 il ne vaut mieux pas s&rsquo;arr\u00eater&nbsp;<\/em>\u00bb \u2026 D\u2019autant que la commune tarde beaucoup \u00e0 leur fournir le panneau normalis\u00e9 qui devrait l\u00e9galement indiquer leur exploitation depuis la route**. Au-del\u00e0 de leur propre fragilisation, cet \u00e9pisode permet de mettre le doigt selon eux sur la politique d\u2019intervention fonci\u00e8re de la commune, o\u00f9 les producteurs actuels ont peu leur mot \u00e0 dire. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En quelque sorte, les voici \u00e0 pr\u00e9sent retranch\u00e9s, \u00e0 diff\u00e9rents points de vue, dans une relative invisibilit\u00e9. Ce qui ne les emp\u00eache pas de partager et transmettre. Ainsi, les terres laiss\u00e9es libres par la diminution du troupeau ont \u00e9t\u00e9 confi\u00e9es au paysan boulanger de la ferme de la Clef des champs. Par ailleurs, Patrice soutient beaucoup techniquement le travail de Denis Roullier, qui a cr\u00e9\u00e9 une activit\u00e9 d\u2019\u00e9co-p\u00e2turage (\u00e9co-p\u00e2turage du Golfe) apr\u00e8s avoir quitt\u00e9 le service urbanisme de la mairie de Sarzeau, et d\u00e9couvre le m\u00e9tier d\u2019\u00e9leveur sur le tas. Ce dernier utilisant des ch\u00e8vres des foss\u00e9s, les \u00e9leveurs \u00e9changent actuellement leurs boucs pour \u00ab&nbsp;<em>renouveler le sang<\/em>&nbsp;\u00bb, faire de nouveaux essais de s\u00e9lection\u2026 Une suite \u00e0 cette histoire s\u2019\u00e9crira donc pour&nbsp;les ch\u00e8vres \u00e0 la prochaine g\u00e9n\u00e9ration, et les fibres mohair ne sont pas pr\u00eate d&rsquo;arr\u00eater de r\u00e9chauffer Sarzeau&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>*Soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;Int\u00e9r\u00eat Collectif Agricole<\/p>\n\n\n\n<p>**Patrice et Rosa ne sont pas les seuls \u00e0 r\u00e9clamer en vain leurs panneaux, depuis l\u2019interdiction d\u2019indiquer soi-m\u00eame son exploitation depuis la route. D\u2019autres sont pass\u00e9s outre et ont laiss\u00e9 leur signal\u00e9tique en place.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Presqu&rsquo;\u00eele de Rhuys &#8211; Novembre 2017 Rosa Cobos Aguirre et Patrick Noury m\u2019accueillent un matin sur leur ferme, entre deux averses. Ils portent des pulls de leur production, vert pour elle et rouge pour lui. Dans la v\u00e9randa voisinent un citronnier et des images au mur, photos de danse et repr\u00e9sentations d\u2019art am\u00e9rindien. 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