{"id":1261,"date":"2018-01-24T17:06:42","date_gmt":"2018-01-24T16:06:42","guid":{"rendered":"http:\/\/www.parchemins.bzh\/?p=1261"},"modified":"2018-01-24T17:09:57","modified_gmt":"2018-01-24T16:09:57","slug":"soupire-jamais-aller-traire-vaches-jean-francois-chupin","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.parchemins.bzh\/index.php\/soupire-jamais-aller-traire-vaches-jean-francois-chupin\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Je soupire jamais pour aller traire mes vaches\u00a0\u00bb \/ Jean-Fran\u00e7ois Chupin"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Jean-Fran\u00e7ois et Catherine Chupin sont \u00e9leveurs de vaches laiti\u00e8res sur la commune de Melgven, \u00e0 Cadol. C&rsquo;est le milieu de l&rsquo;apr\u00e8s-midi. Les murs de vieilles pierres de l&rsquo;exploitation familiale se renvoient en \u00e9cho les meuglements des vaches \u00e0 l&rsquo;\u00e9table.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\" wp-image-1262 aligncenter\" src=\"http:\/\/www.parchemins.bzh\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/PA200540-300x225.jpg\" alt=\"\" width=\"411\" height=\"308\" srcset=\"http:\/\/www.parchemins.bzh\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/PA200540-300x225.jpg 300w, http:\/\/www.parchemins.bzh\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/PA200540-768x576.jpg 768w, http:\/\/www.parchemins.bzh\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/PA200540-1024x768.jpg 1024w, http:\/\/www.parchemins.bzh\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/PA200540-1320x990.jpg 1320w\" sizes=\"(max-width: 411px) 100vw, 411px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jean-Fran\u00e7ois termine ses \u00e9tudes au Nivot, un lyc\u00e9e agricole en Centre Finist\u00e8re, en 1988. Il s\u2019installe en octobre de la m\u00eame ann\u00e9e. Il rach\u00e8te une exploitation laiti\u00e8re et les corps de ferme et d\u00e9marre son activit\u00e9 seul, \u00e0 quelques kilom\u00e8tres de l\u2019exploitation familiale. Quelques ann\u00e9es plus tard, il d\u00e9cide de voyager et part travailler aux Etats-Unis et au Canada, dans des structures agricoles tr\u00e8s diff\u00e9rentes du mod\u00e8le fran\u00e7ais. Il y reste un an. A son retour, ses parents et lui d\u00e9cident de regrouper l\u2019exploitation familiale de Cadol avec la sienne. Nous sommes en 1994, et le p\u00e8re de Jean-Fran\u00e7ois part \u00e0 la retraite. Catherine, qui \u00e0 l\u2019origine n\u2019est pas issue du monde agricole, le rejoint sur l\u2019exploitation en 96. Par la suite, Jean-Fran\u00e7ois adh\u00e8re \u00e0 l\u2019OPLGO, l\u2019Organisation des Producteurs de Lactalis Grand Ouest. Au cours des ans, la r\u00e9f\u00e9rence laiti\u00e8re de l\u2019exploitation augmente. Aujourd\u2019hui, la structure compte en moyenne entre 90 et 125 vaches de race Holstein, et produit 900\u00a0000 litres de lait par an.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A c\u00f4t\u00e9 de la production laiti\u00e8re, Jean-Fran\u00e7ois s\u2019est tr\u00e8s t\u00f4t pris de passion pour la g\u00e9n\u00e9tique et la s\u00e9lection animale, avec la transplantation d\u2019embryons sur les meilleures b\u00eates. Les crit\u00e8res de s\u00e9lection concernent la morphologie des animaux, la quantit\u00e9 et la qualit\u00e9 de leur production de lait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En dehors de la ferme, Jean-Fran\u00e7ois s\u2019est investi au niveau communal en int\u00e9grant pendant quelques ann\u00e9es le conseil municipal de Melgven. Il ne regrette pas ces ann\u00e9es d\u2019engagement qui lui ont permis de sortir de son exploitation, de rencontrer, d\u2019\u00e9changer et de s\u2019ouvrir \u00e0 d\u2019autres personnes sur la commune.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tr\u00e8s t\u00f4t, il s\u2019engage \u00e9galement \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du bassin versant dans les d\u00e9marches mises en \u0153uvre autour de la reconqu\u00eate de la qualit\u00e9 de l\u2019eau. C\u2019est dans cette perspective qu\u2019il ouvrira les portes de son exploitation \u00e0 plusieurs reprises \u00e0 des personnes ext\u00e9rieures, dans le but de faire d\u00e9couvrir les r\u00e9alit\u00e9s de la profession agricole.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019esprit lib\u00e9ral, comme il le revendique lui-m\u00eame, Jean-Fran\u00e7ois reconnais qu\u2019aujourd\u2019hui il manque d\u2019espace. \u00ab <em>Quand j\u2019arrive au bout \u00e0 un moment donn\u00e9, j\u2019aime bien arr\u00eater et repartir sur autre chose<\/em> \u00bb. D\u2019autant plus que les projets d\u2019agrandissement de la zone d\u2019activit\u00e9 de Coat-Conq l\u2019emp\u00eachent de s&rsquo;agrandir, et pourraient m\u00eame l\u2019amener dans les prochaines ann\u00e9es \u00e0 vendre ses terres et \u00e0 d\u00e9m\u00e9nager. De m\u00eame\u00a0sur le plan administratif, Jean-Fran\u00e7ois a le sentiment d\u2019\u00e9touffer \u00e0 cause d\u2019une \u00ab\u00a0sur-administration\u00a0\u00bb croissante, et du travail cons\u00e9quent de \u00ab\u00a0paperasse\u00a0\u00bb \u00e0 remplir (dossier d\u2019obtention des aides PAC, normes sanitaires et environnementales, factures, etc.). Ces \u00e9volutions expliquent, entre autres choses, le \u00ab\u00a0ras-le-bol\u00a0\u00bb actuel du monde paysan, notamment dans la production laiti\u00e8re. Jean-Fran\u00e7ois explique\u00a0: dans un contexte d\u2019ouverture du march\u00e9 du lait \u00e0 l\u2019international, la France n\u2019est pas suffisamment comp\u00e9titive du fait de co\u00fbts de production plus \u00e9lev\u00e9s que dans d\u2019autres pays, notamment au niveau de la main d\u2019\u0153uvre. Les prix ne sont pas garantis pour les agriculteurs, qui n\u2019ont aujourd\u2019hui aucune visibilit\u00e9 sur l\u2019\u00e9volution du cours du lait, m\u00eame \u00e0 court-terme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019\u00e9levage a diminu\u00e9 au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es, notamment en zone littorale. \u00ab <em>L\u2019\u00e9levage est en train de foutre le camp de la zone littorale. [\u2026] Va y avoir des trous l\u00e0 dans le paysage. [\u2026] \u00c7a va \u00eatre le vide complet<\/em> <em>\u00bb.<\/em> Les effets sont d\u00e9j\u00e0 visibles\u00a0: le nombre d\u2019exploitants qui arr\u00eatent leur activit\u00e9 ou dont les enfants ne souhaitent pas s\u2019installer est en augmentation croissante, conduisant \u00e0 une d\u00e9prise du foncier et au d\u00e9veloppement de zones non travaill\u00e9es qui laissent place aux friches. A l\u2019\u00e9chelle des \u00e9cosyst\u00e8mes, des changements \u00e9cologiques se manifestent directement par la pr\u00e9sence accrue d\u2019animaux sauvages (sangliers, blaireaux, chevreuils, etc.) et d\u2019oiseaux \u2013 les \u00ab\u00a0<em>h\u00e9rons-vaches<\/em>\u00a0\u00bb ou aigrettes \u2013 normalement plus rares dans les terres qu\u2019en bord de c\u00f4te. Jean-Fran\u00e7ois ne consid\u00e8re pas \u00eatre en zone littorale, dans la mesure o\u00f9 son exploitation se situe au nord de la voie express, cette fameuse quatre-voies reliant Nantes \u00e0 Brest, en passant par Vannes, Lorient et Quimper\u00a0: \u00ab <em>Entre le nord de la voie express et le sud de la voie express y a une fronti\u00e8re physique l\u00e0 <\/em>\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il constate par ailleurs, qu\u2019il n\u2019ach\u00e8te plus de paille sur N\u00e9vez et Tr\u00e9gunc, deux bourgs c\u00f4tiers au sud de la voie express donc, car les d\u00e9placements avec les engins agricoles est rendue compliqu\u00e9e par la densit\u00e9 croissante de la circulation (surtout en \u00e9t\u00e9 avec l\u2019afflux de touristes) et par le fait que les routes traversant les bourgs ne sont pas adapt\u00e9es aux dimensions imposantes des v\u00e9hicules agricoles.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\" wp-image-1263 alignright\" src=\"http:\/\/www.parchemins.bzh\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/PA200552-300x225.jpg\" alt=\"\" width=\"372\" height=\"279\" srcset=\"http:\/\/www.parchemins.bzh\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/PA200552-300x225.jpg 300w, http:\/\/www.parchemins.bzh\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/PA200552-768x576.jpg 768w, http:\/\/www.parchemins.bzh\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/PA200552-1024x768.jpg 1024w, http:\/\/www.parchemins.bzh\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/PA200552-1320x990.jpg 1320w\" sizes=\"(max-width: 372px) 100vw, 372px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Malgr\u00e9 tout, Jean-Fran\u00e7ois reste passionn\u00e9 par son m\u00e9tier et entend bien continuer son activit\u00e9 aussi longtemps que possible. \u00ab\u00a0<em>Pour moi faut que je la touche la vache, autrement c\u2019est pas possible. [\u2026] La traite c\u2019est quelque chose que je pourrais faire du matin au soir 365 jours par an sans jamais me lasser. Et labourer. Et je sais pas pourquoi. [..] Je soupire jamais pour aller traire les vaches<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jean-Fran\u00e7ois et Catherine Chupin sont \u00e9leveurs de vaches laiti\u00e8res sur la commune de Melgven, \u00e0 Cadol. C&rsquo;est le milieu de l&rsquo;apr\u00e8s-midi. Les murs de vieilles pierres de l&rsquo;exploitation familiale se renvoient en \u00e9cho les meuglements des vaches \u00e0 l&rsquo;\u00e9table. &nbsp; Jean-Fran\u00e7ois termine ses \u00e9tudes au Nivot, un lyc\u00e9e agricole en Centre Finist\u00e8re, en 1988. 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